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Le retour de Matmatah à Reims

Ils ont fait les belles heures du rock celtique des années 2000. Les Bretons de Matmatah ont mis le Finistère au centre de la France pendant une décennie. On se souvient encore de « La fille du chat noir », « Les moutons », « La Cerise ». Après une coupure, ils reviennent huit ans plus tard, les effectifs et les titres renouvelés. Une information à mettre au conditionnel ?



Brest, 1995. Stan et Sammy s’unissent au bassiste Eric Digaire et au batteur Fañch pour former Matmatah. En 1998 sort La Ouache. « Lambé an dro », « Emma », « L’Apologie » restent dans les têtes. Le succès est au rendez-vous. S’en suivront trois autres albums. 2002, Fañch cède sa place à Scholl. En 2008, c’est la séparation. Des velléités de carrière solo verront pudiquement le jour. Des collaborations communes et la sortie en 2015 d’une double compilation mêlant des titres issus des opus existants, choisis sur le volet, marqueront les prémices d’un retour supposé. Rejoints par Julien Carton aux claviers et Emmanuel Baroux à la guitare électrique, les garçons se reforment officiellement fin 2016. L’année suivante sort Plates coutures. Début d’année 2023, Matmatah dévoile le double album Miscellanées Bissextiles dont ils assurent la promotion en tournée. Les places s’envolent.


La tournée s’est arrêtée dans la Cité des Sacres. Le 23 mars dernier, Matmatah a fait salle comble à la Cartonnerie de Reims. Pourtant, le groupe de rock mythique n’a pas fait l’unanimité auprès du parterre rémois. Alors que le public trépignait dans l’attente des titres phares qui ont fait sa renommée, les Bretons se sont illustrés dans de nouveaux morceaux au rock timide (« Obscène Anthropocène », « Le rhume des foins », « Hypnagogia »). Des débuts frileux qui n’ont pas transporté l’auditoire. Seule « Brest-même » sort quelque peu du lot. Les hommes en noir mettront du temps à s’emparer des titres les plus connus. Ils livrent une version réarrangée d’« Emma » qui n’a pas l’effet d’un raz de marée. Le son, un poil trop fort, masquait parfois les voix, peu audibles. Vraiment dommage.


Peu conquis par la proposition, le public est resté perplexe. Attroupé en plusieurs ensembles de personnes, chacun y allait de ses apartés. Alors que des bribes de conversations fusaient de toute part, un solo de guitare a arraché la foule à ses digressions. Toute l’attention s’est portée sur le jeune Léo, au bout de ladite guitare électrique. Léo, c’est Léopold Riou, vingt-six ans – et la moitié de l’âge des membres fondateurs – a rejoint le groupe de renom en mai 2022, à la place d’Emmanuel Baroux. Parmi les plus grands, il s’impose en virtuose. Le jeune guitariste a assuré. Pas facile pourtant, de faire sa place dans un collectif déjà bien rodé et qui a percé avant même qu’il soit né !

Le groupe a pioché dans chacun de ses opus pour composer sa setlist. Aussi « Les demoiselles de Loctudy » ont-elles eu si « Fière allure » avant un « Retour à la normale ». Au cours des rappels, la reprise de « Heroes » (1977) signée David Bowie a animé la salle. Mais cela n’aura pas suffi à convaincre toute l’assemblée. Finalement, c’est « L’apologie » qui a mis tout le monde d’accord, même sur le tard.







Texte : Cindy Latique

Photos : Joel Dera





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