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Septembre, l'heure de la rentrée ?

Alors que partout ailleurs, septembre repousse les derniers grains de sable restés dans les plis des valises, arrache au mois d'août ses derniers rayons de soleil en abaissant les températures du soir, se rhabille d'une laine ou deux pour apprivoiser octobre, remet les enfants sur les bancs de l'école et réorganise les emplois du temps…

À Aubérive, les villageois, bénévoles et habitués hissaient les cordages des chapiteaux à ériger pour accueillir la 16ème édition de la Poule des Champs. Par risque de pluie, le parking initialement prévu n’a pu être utilisé et les véhicules se sont massés au cœur du petit village marnais qui vit chaque année au rythme de l’événement.


K-way prévus « au cas où », bottes et combis pour les uns, short et claquettes pour les autres…qu’importe l’habit, pourvu qu’on ait l’ambiance et la musique. Ce vendredi 9 septembre dernier, c’est le tout jeune Baptiste Ventadour et sa guitare douze cordes qui s’élançaient sous le chapiteau. L’artiste a exhibé ses boucles brunes et ses morceaux avec enthousiasme et aisance, tant dans l’attitude que dans la voix.

21h25, Stephan Eicher revêtait à son tour son « Manteau de gloire » sur la même scène, mais pour « Combien de temps » ? Non sans accent, dans un français toutefois très correct, le Suisse nous concède ne pas avoir « d'ami comme toi ». Celui qui veut « tout l’amour, l'amour toujours » (« Toutes les filles du Limmatquai ») a interprété les titres de son dernier EP « Autour de ton cou », « Le plus léger au monde » mais également l’incontournable « Déjeuner en paix » de 1991.


Sur la petite scène, hors chapiteau, Les Tempiliers, venus d’Alsace, rappelaient "à la débauche" pour deux sets de trente minutes « parce qu’ici, c’est carré », prévenait le chanteur. Mais ceux-là ont aussi gardé leur âme d’enfant, atteints du syndrome de Peter, ils ont rendu hommage aux Aristochats, en chantant sous le lampadaire et dansant au bord de la gouttière. Les Tempiliers mixent rock, rap, ska et chanson française (« L'espace et le tps », « Lanceur de couteau ») et ont assumé fièrement certaines chorégraphies, à l’image de celle empruntée aux « 2Be3 » pour le refrain de la déclaration d'amour à la Peugeot 206.


23 heures 30, Les Fatals Picards faisaient leur apparition. Initialement, ce sont Les Cowboys Fringants qui devaient venir présenter Les Antipodes leur dixième album couronnant vingt-cinq ans de formation du groupe. Mais pour raisons de santé, leur chanteur, Karl Tremblay, n’a pu rejoindre la France. Alors, non sans audace et désinvolture, « Les Fatals » ont repris « Les Cowboys » sur la grande scène de « La Poule », bien qu’ils auraient « préféré jouer AVEC » eux. Tout en tendresse mais « sans sombrer dans la mélancolie », ils ont entonné « Sur mon épaule » (chanson des Cowboys Fringants), en témoignage de soutien.

« Sucer des cailloux », « Tais-toi et creuse », « A la vie, à l’Armor », « Fils de P. » …Les Fatals Picards s’emparent de chaque sujet d’actualité. Franc-parler, politiquement incorrect, tout ce qui dérange, les garçons l’arrangent. Ils font du moindre thème sociétal une chanson, et la répartie qui va avec !

De Vladimir Poutine au Prince Charles, ils n’en loupent pas un et tous y passent, même les vieux couples (« Morflé »). Malgré le son de moindre qualité des premières chansons, les Fatals Picards ont largement coché toutes les cases du show.


Direction la Bretagne pour terminer la soirée. Les Ramoneurs de Menhirs et leur punk celtique ont bouclé cette première journée jusqu’à fermeture du site, non sans quelques gouttes de pluie (merci la K-Way qui nous a emmerdé au fond du sac toute la soirée !).


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De la même façon que les étudiants en médecine des Boules de Feu ont entamé le festival la veille, c’est la fanfare La Bringue qui a ouvert la journée de samedi sous les derniers rayons de soleil. Jérémy Dravigny a prononcé les traditionnels quelques mots de lancement pour féliciter les bénévoles qui ont œuvré douze jours durant : c’est la septième édition à guichet fermé !


Son carré blond impeccable, veste pailletée et guitare sous le coude, la Suissesse Stéphane occupait la scène dans son entièreté et détenait une présence scénique indéniable, très à l’aise parmi ses musiciens. Elle a interprété « 48 heures », « L’été prochain » dont le refrain est en italien, « Douleur je fuis » qui l’a fait connaître en 2021. Celle qui a préféré la musique à la médecine a remis le Medley dans la tendance en mariant les styles. Aussi, la « Bélinda » de Claude François a-t’ elle côtoyé, l’espace d’un instant, le titre phare des Weather Girls « It’s raining men », pour aller avec Céline Dion et Jean-Jacques Goldman « où tu iras », et « Déjeuner en paix » avec Stéphan Eicher (le clin d’œil est réussi ! – entre Stéphan(e) et Suisses, ils se comprennent – ^^) Oh mais « Baby, baby » c’est Britney Spears, et enfin Mylène Farmer, « Sans contrefaçon » ! Stéphane chante tout et sait tout chanter. Elle ravive tous mes classiques, me cueille par surprise là où je ne l’attendais pas. Pas de doute, elle est MON coup de cœur du festival. Les frissons sont là !

Elle-même dans la fleur de l’âge, elle a consacré une chanson au « Club des 27 », ces chanteurs partis trop tôt, tous à 27 ans, qu’elle interpelle dans « L’île inconnue ». Julien Clerc lui souffle le tendre et juste « Lili voulait aller danser » avant le « Green Dream » qui a fait bouger bien des radios françaises.


21 heures 25, Ce n’est plus celle de Julien Clerc mais une autre Lili qui entrait en scène, celle des Lilly Wood and The Prick. Dans son t-shirt XXL, mini short blanc et baskets compensées, elle avait également envie de danser. Détentrice d’un panache à l’épreuve de tous les morceaux, la jolie brune nous a ravi avec « Down the Drain ». Déjà parmi la programmation du festival en 2013, la jeune femme s’est révélée contente de réitérer l’aventure sous le chapiteau.


Les Dudes of Groove Society (réduits en D.O.G.S) ont enflammé les entre-deux scènes avec leur groove cuivré. Les dogs n’ont fait qu’une bouchée du parterre de festivaliers, dans leurs blousons d’un bleu électrique, à l’image de leur musique !


(Prononcé rapidement) Top, je suis un des premiers collectifs français de ma génération à avoir fait du rap, je comprends plusieurs membres qui avoisinent maintenant la cinquantaine, je suis jedi avec un accent marseillais, j’aime jouer aux cartes, même si parfois le destin s’est planté dans la distribution…Je suis ? Je suis ? – IAM !! Très attendus, les rappeurs du Micro d’Argent ont livré un concert rodé à base de « Monnaie de singe », « Nés sous la même étoile », « Samouraï », « L’Empire du côté obscur », « Petit frère », « Elle donne son corps avant son nom », sublimé par des lumières et fonds de scène à l’instar de leurs textes, splendides ! Entre deux anecdotes qui narrent leur histoire musicale, Akhenaton a rappelé que le plus « important dans la vie, c’est sourire, aimer, partager » pour lancer « Nos funérailles », dédiée à ceux qui accumulent la richesse qu’ils ne pourront pas dépenser. Bien suuuûûûuuur que le mondialement connu pas de danse du « Mia » a dés-immobilisé les plus statiques, parce que même eux ne peuvent résister à l’appel du Funk.


Les petites Bourettes ont fermé cette 16ème édition en nous parlant de leurs copines : « La fille qui fait la gueule », « Mademoiselle », « Marie ». Une fin de festival délicieuse et féminine qui m’a accompagnée de loin sur mon retour vers la voiture, le sourire aux lèvres à l’écoute des paroles.


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Toutes nos pensées accompagnent Nicolas Dziegiel, président du festival le Chien à Plumes.


Texte : Cindy Latique

Photo : Joel Dera





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